Communiqué de IPARRETARRAK. Fait publique à GARA 20 avril 2000.
      Dix huit mois se sont éculés depuis que nous avions décidé de taire nos actions et de laisser toute sa place à l''action politique légale. Aujourd´hui l'Etat français doit savoir que la lutte armée n''a pas disparu en Pays Basque. Que des avancées significatives interviennet et nous conclurons qu'il n'y a plus de nécessité de lutte clandestine en Iparralde


      Communiqué

      Dix huit mois se sont éculés depuis que nous avions décidé de taire nos actions et de laisser toute sa place à l''action politique légale dans laquelle, en Iparralde, le mouvement abertzale tient une place importante. Nous pensions que nous étions à la veille de changements importants.

      Nous ne voulions pas servir de prétexte à l''inmobilisme des notables locaux.

      Que s''est-il passé en un an et demi?

      Ceux qui avançaient le prétexte de l''existence du blocage dû à la pratique de la lutte armée ont-ils fait, au cours de cette période évoluer la situation politique? Non, ils sont restés en silence.

      Ils n''ont rien fait pour améliorer la situation des presos. Ils ont prouvé qu''ils étaient prêts à laisser mourir certains militants basques. Sans aucun soin, ils les ont laissé s''affaiblir en grève de la faim, jusqu''à la dernière extrémité. Ce comportement ne nous a pas surpris. Il y a longtemps que nous avions constaté que l''Etat français n''est que la «pseudo» patrie des droits de l''homme.

      Le bilan est très lourd; voici quelques autres exemples:

      • L''Etat français a dans un premier temps signé la charte des langues minoritaires puis, par la suite, a fait machine arrière.

      • Des milliers de personnes ont réclamé le minimum d''un changement institutionnel, la majorité absolue des élus s''est exprimée dans ce sens, le Pouvoir français oppose son refus catégorique.

      • Il apparaît clairement dans le contrat de plan Etat-Region que le Pays Basque nord n''existe pas. Il est quantité négligeable pour le Pouvoir français et les notables locaux.

      • Le Conseil des Elus s''est moqué de nous. Pendant de longues années, il nous a fait miroiter des projets, nous a gardés dan l''attente d''un futur prometteur. Bilan: pas la moindre mesure efficace en faveur de l''euskara sans parler des autres axes de travail!

      Comment pouvons-nous encore continuer à nous fier à des élus dont l''action ne mène notre peuple qu''à l''assimilation et donc à la mort?

      Dans ce conteste de période d''observation, un citoyen croyant à l''Etat de Droit pouvait espérer que le procès de Léon ne serait pas une mascarade; que les juges n''auraient pas l''indécence de condamner nos militants, 17 ans après les faits, au mépris du droit. Force est de constater aujourd''hui que ce fut un procès politique mené par des juges valets du pouvoir.

      D''aucuns espéraient avoir enfin des éléments quant à la disparition de Popo. En refusant de répondre aux questions, en refusant de diligenter quelques recherches que ce soit, l''Etat français a implicitement reconnu qu''il était responsable de la mort et de la disparition de Popo. La gendarmerie sait où se trouve Popo. Nous n''abandonnerons ni nos recherches ni nos actions jusqu''à faire éclater la vérité.

      Durant ce procès, nos militants ont expliqué les raisons de l''engagement dans la Lutte Armée, les limites de la lutte politique légale et la nécessité d''apuyer les revolutions du peuple basque par des actions armées.

      Malgré tous les exemples de mépris et de répression apportés, l''accusation n''a cessé de présenter à l''audience l''Etat français comme un état démocratique où la violence révolutionnaire n''a pas sa place. Pourtant, quelles réponses «démocratiques» a apporté l''Etat français à toutes les demandes «pacifiques» du peuple basque?

      L''Etat français doit savoir, les élus irresponsables doivent savoir que la lutte armée n''a pas disparu en Pays Basque. Que des avancées significatives interviennet et nous conclurons qu''il n''y a plus de nécessité de lutte clandestine en Iparralde.

      A ce jour, nous continuons à demander à l''Etat français la mise en oeuvre d''un processus de dialogue sérieux. A défaut, nous devrons en tirer les conséquences. Aujourd''hui, la balle n''est pas dans notre camp. La réponse est entre les mains des responsables politiques. Bien sûr, qu''ils ne se trompent pas: il n''est pas question de négocier autour des revendications minimalistes qui d''ailleurs son accueillies avec autant de mépris que nos revendications fondamentales. Notre peuple a besoin de véritables lieux de décisions. Le Pays Basque Nord doit se doter d''une véritable autonomie, premier pas vers la prise en charge de notre devenir.

      Notre peuple pourra ainsi décider et mettre en place des structures capables de faire revivre l''euskara. Notre peuple pourra ainsi décider et construire une nouvelle économie solidaire.

      A ceux qui profitent de la situation actuelle, aux spéculateurs avides de profits, nous disons que nous ne les laisserons pas jouer avec nos terres et voler aux jeunes de notre pays le droit d''y vivre et d''y décider.

      L''organisation révolutionaire basque Iparretarrak revendique les actions réalisées dans la nuit du 15 au 16 avril. Elles s''inscrivent dans la logique de défense des intérêts de notre communauté et dans le droit qu''a tout peuple de décider de son avenir.

      Les ennemis du peuple basque peuvent aussi se trouver parmi nous. En frappant les biens des époux Landaburu, propiétaire de l''ex-gendarmerie de Lekunberri, en visant les speculateurs et adeptes du tout-tourisme, nous voulons dire aux délateurs et profiteurs qu''ils se seront pas en paix dans notre pays. Que ceux qui se son enrichis sur le dos des abertzale sachent qu''ils seront toujours redevables à la lutte de libération!

      Herriak bizi behar du. Autonomia lehen urratsa askatasunaren bidean. Presoak etxerat, amnistia osoa.

      Iparretarrak, avril 2000

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